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[Question] Chirurgie & médecine avancée en situation dégradée

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DragonShadow

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Bonjour à tous, tout d'abord je vais poser les bases de ma réflexion qui ont emmené à ce petit sondage:

Alors voilà, mi-août juste avant la route de retour de mes vacances d'Ardèche, mon fils de 4 ans et des poussières est tombé avec une bouteille en verre. Le bon reflexe habituel de mettre les mains en avant a causé deux graves plaies sur une main avec une importante hémorragie (qui si je ne l'avais pas limitée aurait été fatale) ainsi que, nous l'avons appris plus tard en table d'opération, 3 tendons de coupés et un nerf lui aussi sectionné.
Etant dans un coin paumé, sans réseau, la situation tenait déjà plus ou moins de la survie... Je dois dire que les bons réflexes me sont venus naturellement (arrêter l'hémorragie, prévenir les secours, rassurer mon fils, le maintenir éveillé...) et ce n'est qu'une fois qu'il a été pris en charge par les pompiers que la pression est retombée. Je ne souhaite cela à personne, voir mon fils dans cet état et souffrir était pire pour moi que si j'avais été la victime... Je vous passe les détails et péripéties (impossible de l’opérer à proximité, 750 Km pour retourner par chez nous dans une clinique pouvant le prendre en charge...)

Donc voila ma question, en particulier pour les "experts" du forum, dont ceux qui de part les fictions ont montré qu'ils pensent à beaucoup de choses:

On sait plus ou moins quelles bases et quel matériel on peut avoir pour la "bobologie", et même pour des actes comme les sutures. Mais quid des actes "chirurgicaux" ou de la médecine dépassant les compétences généralistes en cas de situation dégradée? Je parle d'une situation différente de la mienne, où l’accès à un hôpital serait impossible (guerre, zombies,...) Pour répondre on peut prendre comme exemple le cas de tendons et nerf endommagés au niveau de la main justement, car je trouve que c'est un bon cas de médecine impossible pour le commun des mortels, en particulier sur soi-même.

DragonShadow

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Après, mon avis perso serait que dans un groupe de "survivant" il faudrait un ou plusieurs chirurgiens de métier. Après pour ce qui est du matériel/locaux qu'il leur faudrait, je ne suis pas expert en la matière. Est-ce qu'il y en a ici? Peut-être s'inspirer des "hopitaux de campagne" en zone de guerre?

patoche

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affraid ben la je ne sais pas te répondre , car le cas est vraiment très grave :angry: :angry:

purée ton petit devait vachement souffrir le pauvre Sad

DragonShadow

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patoche a écrit:affraid ben la je ne sais pas te répondre , car le qu'a est vraiment très grave :angry: :angry:

purée ton petit devais vachement souffrir le pauvre Sad

Oui, et il à été très très très courageux. Je suis fier de lui et comme j'ai pris le temps de la route pour lui expliquer, il n'as pas eu peur de l'opération, d'être endormi, etc... Dans ces moments le lien familial se révèle très fort.

Teacher

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DragonShadow a écrit:
Dans ces moments le lien familial se révèle très fort.
et rester calme, ça aide aussi, bravo de ta réaction, et de relancer ici la réflexion.


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 Memento vivere!
  "Un sac à dos trop lourd rend aveugle." V.Golovanov
https://www.youtube.com/channel/UCMu6qfiptG2XbXA8U-dca0w

Kasmodian

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Bravo pour tes réflexes, tu as fait ce qu'il fallait, et plus encore.

Je ne suis pas un spécialiste, et je pense que des gens comme Métatarse ou Secouriste pourraient être très utiles par ici.

Mais depuis que je suis prothésiste dentaire, les chirurgiens dentistes (surtout ceux faisant de l'implantologie) m'ont expliqué pas mal de choses sur les conditions d’asepsie, la tenue d'un bloc...
Pour ce qui est des gestes, c'est clair que je ne m'y essaierais pas hors k2kk ultra-extrême. Faut vraiment avoir la formation adéquate pour ça, et aussi connaître l'anatomie sur le bout des doigts.

Au-delà de ça, ça ne peut pas faire de mal d'avoir chez soi quelques ressources comme "where is no doctor" et "where is no dentist".

Je partage ton avis, on devrait tous avoir un chirurgien dans un groupe.


_________________
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En toutes choses, il faut considérer la fin.

Karabistouille

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Bravo pour ton sang froid, heureusement tout s'est bien fini et courage au courageux boutchou pour son rétablissement.

DragonShadow

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Kasmodian a écrit:Bravo pour tes réflexes, tu a fait ce qu'il fallait, et plus encore.

Je ne suis pas un spécialiste, et je penses que des gens comme Métatarse ou Secouriste pourrait être très utiles par ici.

Mais depuis que je suis prothésiste dentaire, les chirurgiens dentistes (surtout ceux faisant de l'implantologie) m'ont expliqué pas mal de choses sur les conditions d’asepsies, la tenue d'un bloc...
Pour ce qui est des gestes, c'est clair que je ne m'y essaierais pas hors k2kk ultra-extrême. Faut vraiment avoir la formation adéquat pour ça, et aussi connaître l'anatomie sur le bout des doigts.

Au-delà de ça, ça ne peut pas faire de mal d'avoir chez soit quelques ressources comme "where is no doctor" et "where is no dentist".

Je partage ton avis, on devrait tous avoir un chirurgien dans un groupe.

C'est exactement là où ma réflexion m'a emmené: jusqu'ici je pensais qu'avec un peu de débrouille, voire un médecin généraliste, on pouvait se sortir de beaucoup de blessures. Seulement il y à des cas où ça ne suffit pas.
Et là où la blessure de mon fils est un bon exemple, c'est que ça démontre qu'il est facile de se blesser gravement (on reviendra pas sur la règle des 3 lol) et donc d'avoir besoin de compétences très spécifiques, de matériel et de locaux adaptés. D'où l'utilité de conserver la plus grosse richesse en temps de kk: les connaissances et compétences. Tout l'or, les provisions et les munitions ne nous seront d'aucune utilité dans ce cas.

Pour ce qui est de mes gestes je pense que j'aurais été plus efficace encore avec une formation au secourisme, là j'ai utilisé par instinct des connaissances acquises ici et là (y compris dans ce forum, pour les risques du garrot notamment) mais là où j'aurais été efficace, c'est de pas le laisser porter cette fichue bouteille Mad

Lara_Croft_007

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Je pense qu'en cas de survie, on aura tendance à être plus prudent aussi. Là, tu étais en vacances, la pression était relâchée et tu n'imaginais tout simplement pas le pire.

Nemrod

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Si urgence vitale et pas de chirurgiens de disponible => vétérinaire.


_________________
http://instinct-de-survie.forumgratuit.org

f(x)

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... oui, c'est ce que je me disais ;
mais un vétérinaire pour une chirurgie de la main... affraid

Dragonshadow a assuré Respect ; et le système aussi :good: .

Ailleurs, où le système n'est pas là, il ne reste que les gestes d'urgence, le premier maillon de la chaîne de soin, sans rien derrière ; et ce genre de blessure, c'est le handicap assuré, éventuellement l'infection et ses conséquences.

En lisant ce post, j'ai repensé à deux choses :

1. une conversation que j'avais eu avec un ami médecin pour le persuader de rejoindre le forum (il n'a jamais voulu). Sa réponse avait été en substance : "bah, dans les situations dont vous parlez sur ton forum, on ne peut que limiter la casse ; la médecine moderne est à poil sans scan, radio, bloc, pharmacie etc. Je ne peux pas vous être de grande utilité"

Comme dit Lara, le mieux avant d'avoir un médecin sous la main, est de faire en sorte de ne pas en avoir besoin ; donc, en situation dégradée plus que jamais, surveiller sa santé, prendre soin de soi ; juste quand c'est l'inverse qui est souvent exigé. Plus facile à dire qu'à faire.

2. les souvenirs de guerre de Maurice Genevoix, blessé à Verdun en 1915 - une descente aux enfers qui vaut la lecture.
A moment donné, à force de dormir dehors par tous temps, il finit par être vraiment malade et va voir un médecin... Voilà, j'ai remis la main dessus, c'est dans Nuit de guerre (chap.2) :

"Il m'ausculte longuement, se relève :
- Oui, vous avez de la bronchite. C'est à soigner.
- Qu'est-ce que vous allez me donner ?
- rien.
Comme je ris, il rit lui aussi :
- Attendez ! Rien de ce que je voudrais vous donner. mais vous ne partirez pas les mains vides.
Il déchire une corne de journal, y verse une petite poudre d'un brun jaunâtre qu'il mêle à de petits blocs noirs.
- Voilà, vous prendrez ça en 2-3 fois dans un peu d'eau.
- Qu'est-ce que c'est ?
- De 'ipéca et de la réglisse. Possible que ça vous fasse du bien.
Une seule pincée m'a suffi. a bouche en demeure terreuse."

Situation dégradée...

Amicalement,

f(x)

DragonShadow

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f(x) a écrit:... oui, c'est ce que je me disais ;
mais un vétérinaire pour une chirurgie de la main... affraid

Dragonshadow a assuré  Respect  ; et le système aussi  :good: .

Ailleurs, où le système n'est pas là, il ne reste que les gestes d'urgence, le premier maillon de la chaîne de soin, sans rien derrière ; et ce genre de blessure, c'est le handicap assuré, éventuellement l'infection et ses conséquences.

En lisant ce post, j'ai repensé à deux choses :

1. une conversation que j'avais eu avec un ami médecin pour le persuader de rejoindre le forum (il n'a jamais voulu). Sa réponse avait été en substance : "bah, dans les situations dont vous parlez sur ton forum, on ne peut que limiter la casse ; la médecine moderne est à poil sans scan, radio, bloc, pharmacie etc. Je ne peux pas vous être de grande utilité"

Comme dit Lara, le mieux avant d'avoir un médecin sous la main, est de faire en sorte de ne pas en avoir besoin ; donc, en situation dégradée plus que jamais, surveiller sa santé, prendre soin de soi ; juste quand c'est l'inverse qui est souvent exigé. Plus facile à dire qu'à faire.

2. les souvenirs de guerre de Maurice Genevoix, blessé à Verdun en 1915 - une descente aux enfers qui vaut la lecture.
A moment donné, à force de dormir dehors par tous temps, il finit par être vraiment malade et va voir un médecin... Voilà, j'ai remis la main dessus, c'est dans Nuit de guerre (chap.2) :

"Il m'ausculte longuement, se relève :
- Oui, vous avez de la bronchite. C'est à soigner.
- Qu'est-ce que vous allez me donner ?
- rien.
Comme je ris, il rit lui aussi :
- Attendez ! Rien de ce que je voudrais vous donner. mais vous ne partirez pas les mains vides.
Il déchire une corne de journal, y verse une petite poudre d'un brun jaunâtre qu'il mêle à de petits blocs noirs.
- Voilà, vous prendrez ça en 2-3 fois dans un peu d'eau.
- Qu'est-ce que c'est ?
- De 'ipéca et de la réglisse. Possible que ça vous fasse du bien.
Une seule pincée m'a suffi. a bouche en demeure terreuse."

Situation dégradée...

Amicalement,

f(x)

Le système a assuré... Disons pas celui d'Aubenas où le premier médecin allait refermer les plaies sans regarder plus loin si je n'avais pas insisté sur la gravité. Ni sur le reste d’ailleurs car on devait aller à une clinique de la main par chez nous, tout était soi- disant arrangé selon Aubenas et on a trouvé porte close après 7h30 de route... Et la recherche d'une pharmacie de garde pour les anti-douleurs un 15 août (d’ailleurs le 3637 est très pratique pour ça, je ne connaissait pas avant) On a dû se rabattre sur le chu qui eux ont été super compétents par contre. Quand je dis des péripéties, voici un échantillon Evil or Very Mad

Justement en zone de guerre (moderne) il y a des hôpitaux de campagne, quel matériel minimum ont ils pour ça? On en revient aux militaires qui sont experts en survie et en organisation. Nos politiques devraient en prendre de la graine plutôt que leur couper leurs subventions...

patoche

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+ 10 avec toi , :good: :good:

Lara_Croft_007

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Je pense aux "médecins de l'impossible" de BERNADAC... Où des médecins détenus dans les camps de concentration nazis faisaient leur possible pour atténuer les maux et soigner les détenus... Ils n'avaient malheureusement aucun moyen de le faire: un peu d'aspirine (si chance), des papiers en guise de pansements et aucune hygiène/asepsie. En plus, les besoins des détenus malades n'étaient pas couverts: pas de couverture, pas d'eau, pas d'ersatz de soupe claire pour des malades qui ne peuvent servir de main d'oeuvre... Et face à cela, des maladies qu'on n'avait plus vu depuis longtemps: le typhus exanthématique murin, le noma, la gale,... Inutile de préciser ce qu'il advenait des malades dans ces camps... Les détenus hésitaient même à se rendre dans ces mourroirs même avec 40° de fièvre et l'impossibilité de marcher... 

Ce qui fait penser aussi qu'en cas de survie, d'ailleurs même dans la vie de tous les jours puisque lors de mes études d'infirmière nous apprenions qu'il était essentiel de couvrir les 14 besoins fondamentaux de l'être humain (Virginia Henderson), il est primordial de maintenir ces besoins pour améliorer la vie du malade et sa capacité à se maintenir en vie...

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